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De temps en temps, certains articles ou des documentaires inspirés nous font réfléchir sur l’impact énergétique de notre activité digitale. Et quand on milite pour une consommation raisonnée, il faut aussi revoir certaines choses sur son comportement informatique, non seulement pour consommer moins, mais aussi pour gagner du temps.

Feuille, portable, ciseaux

A contrario des ordinateurs, nous ne sommes pas faits que pour traiter des données ; à bien y réfléchir, beaucoup d’applications qui sont proposées sur les stores actuellement ne font que singer des écritures qu’on aurait plus vite fait de faire sur papier. Certains objecteront que le papier engendre des déforestations. Certains se sont penchés sur cette question, et disons qu’au mieux les deux solutions se valent en termes d’impact écologique, sachant que plus l’utilisation des ebooks augmente et plus le coût écologique du papier devient acceptable.

Aujourd’hui, les adultes dans la vie active n’ont en général pas été éduqués avec des écrans. De ce fait, la quasi-majorité d’entre eux réfléchit mieux face à un papier qu’à un écran. Sur les plus jeunes générations, il est possible que leurs facilités à utiliser l’informatique les rend plus efficients face à l’écran. Néanmoins, créer une feuille de tableur pour une liste de calculs qu’on ne ré-ouvrira pas ne présente pas d’intérêt. La plupart des applications dites de productivité vous maintiennent devant votre ordinateur, mais n’ont pas forcément plus d’avantages qu’un agenda bien utilisé. De plus, pendant que vous êtes devant votre machine, votre système d’exploitation et son éditeur s’arrangent pour vous envoyer de nombreuses notifications : plus vous êtes connectés, et plus ça les arrange.

Consommation souterraine

Les réseaux sociaux ont comme les applications SaaS de nombreuses fonctionnalités séduisantes, mais la plupart du temps vous demandent en contrepartie de fournir votre temps, votre contenu, votre vie. J’ai suffisamment fait la loque devant un écran pour savoir que n’importe quoi de ludique peut nous maintenir devant un écran, les réseaux sociaux ne sont qu’une nouvelle raison donnée à l’humanité pour dépenser son temps libre dans une activité contrôlée par des capitaux privés et capitalistes. Ce temps a malheureusement l’inconvénient d’augmenter notre dépendance électronique et énergétique. Plus nous sommes devant un appareil, plus nous consommons de l’énergie. Quand c’est un smartphone, on en prend conscience en mettant l’appareil en charge. Utiliser son ordinateur de bureau est devenu aussi naturel qu’allumer la lumière, c’est censé marcher en permanence. De même, toutes nos photos mises sur les réseaux sociaux sont accessibles tout le temps, et on ne supporte pas de ne pas avoir nos courriels sur toutes nos machines. Je me représente cet ensemble comme un essaim : pris séparément, chaque appareil passe inaperçu, mais en groupe je m’imagine comme un gros bourdonnement qui ne prend jamais fin. D’ailleurs, nos appartements ne sont plus jamais plongés dans le silence et l’obscurité, une vie parallèle s’étend autour de nous… et ne se nourrit pas d’amour et d’eau fraîche.

Pendant que slack se répand dans toutes les entreprises, les vétérans d’internet peuvent légitimement s’interroger sur pourquoi le chat IRC s’est complètement dépeuplé. Aujourd’hui, le marketing et l’habillage des applications recréent des produits payants et des économies fructueuses sur des technologies qui marchaient très bien aux débuts d’internet. S’il y a vraiment besoin de rester connecté, on peut réfléchir à des choix écologiques pour que chaque citoyen soit présent sur le réseau tout en s’assurant de respecter la planète, encore faudrait-il que les fournisseurs de service ne soient pas sur un autre continent. Que les américains mènent ou non une politique verte, ca devient notre problème uniquement si nous confions notre activité digitale à des entreprises de ce pays.

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 Actions préconisées

Si vous m’avez lu jusque là, vous devez caresser l’espoir que je ne me contente pas de râler sur ce monde hi-tech qui nous dépasse tous. Vous avez sans doute peur que je vous parle de décroissance, de solutions de hackers complètement déconnectés de nos quotidiens. Essayons plus simple.

  • Consommer local : l’ultra connectivité amène certains utilisateurs dépendants à croire que seules les GAFAM peuvent leur offrir le meilleur des services. L’association Framasoft s’est donné pour objectif de montrer qu’avec des programmes libres et gratuits, vous pouvez vous affranchir de cette dépendance avec les éditeurs de service américains. Ils promeuvent également un réseau d’hébergeurs locaux responsables, les CHATONS. La liste des 31 services hébergés par Framasoft est impressionnante, et vous pouvez les essayer sans aucune obligation, ou si vous avez du temps installer les programmes libres sur votre serveur, tel le vegan qui veut cultiver soi-mêmes ses propres légumes.
  • Pratiquer le minimalisme : Si les noms de Dominique Loreau ou Marie Kondo ne vous sont pas inconnus, vous avez déjà réfléchi à comment modifier votre mode de vie pour être plus léger, plus consomm’acteur que consommateur. Pour ma part, j’essaie d’appliquer le minimalisme à ma maison numérique : mes disques durs. Je supprime les musiques que je ne veux plus écouter, je trie mes photos pour n’en garder qu’une par mois pour chaque personne, je fais des carnets photo que j’imprime et j’archive ensuite le dossier de photos, je crée mes notes dans des logiciels qui permettent une arborescence de textes, afin d’avoir tout sous les yeux et de supprimer ce qui n’est plus d’actualité… Quant aux films / séries, je les consomme uniquement en streaming, ça prend trop de place. Pour les vidéos personnelles, j’essaie d’en faire des montages, pour diminuer l’espace global utilisé. Certes, le passage des disques d’1 To à des SSDs de 128 Go a accéléré mon besoin de trier, mais j’avais déjà la philosophie derrière pour m’épauler. Plutôt que de tout balancer d’un coup, j’ai acheté un NAS, et j’y ai connecté tous mes appareils : de cette manière j’étais certain de ne stocker beaucoup qu’à un seul endroit, et donc rendre le tri plus facile. Mon conseil ici, c’est juste de réfléchir au rangement de vos disques durs, d’imaginer vous balader dedans : est-ce que vous aimeriez voir votre maison remplie de vieux cartons avec des objets complètement obsolètes ?
  • Sauvegarder en sécurité : ce tri permanent facilite bien évidemment les recherches et optimise la place sur vos disques durs, mais il vous autorise également plus de fantaisie au niveau de vos sauvegardes. Aujourd’hui, on ne grave plus sur CD, c’est terminé, ça ne rentre pas : il faut dire qu’une photo d’un smartphone dernière génération ne rentrerait pas sur une disquette de l’ancien temps. Et comme il n’y a plus aucun système de sauvegarde physique vraiment fiable (les DVDs durent moins de 10 ans, certains disques durs ont une durée de vie de 2 ans…), les gens font confiance aux nuages d’éditeurs privés sans se soucier de qui peut consulter leurs données. Malheureusement, cette habitude a fait exploser le besoin en datacenters tournant nuit et jour. Idem pour les serveurs de courriel et le protocole IMAP qui stocke vos messages en permanence. Avec le volume de données qui augmente, la sauvegarde de l’ensemble devient vite plus difficile. Le tri des données et les règles zéro email augmentent l’arsenal de sauvegarde à votre disposition. En dessous de 100 Go de données, vous pouvez combiner des sauvegardes sur internet (cryptées et irrécupérables pour le fournisseur de services, cela va de soi, comme chez Tresorit par exemple) à des backups physiques (sur une clé USB tout simplement). Plus votre volume de données sera minimal, plus vous pouvez avoir toutes vos données accessibles en permanence, de manière sécure. Attention aux accès des backups via smartphone, quand on se fait voler son mobile avec des accès aux cartes d’identités ou aux comptes bancaires, le cryptage ne sert pas à grand chose…

Avec l’espoir que cet article vous donnera l’envie d’une démarche engagée vis-à-vis de vos appareils connectés et ordinateurs. Les experts le disent : les réductions énergétiques ne viennent pas de cas isolés de précurseurs extrémistes mais d’un changement de comportement sur l’ensemble des consommateurs d’énergie.